L’homme sage conserve et investit sur son mainframe

Véronique Dufour-Thery, Directeur Europe du Sud pour Compuware

Véronique Dufour-Thery,
Directeur Europe du Sud pour Compuware

« Selon une étude récente 88% des entreprises voient le mainframe comme un atout économique majeur de la prochaine décennie »

 

 

 

 

 

 

Plus de cinquante ans après son apparition, le mainframe reste le socle des systèmes d’information les plus importants du monde. Tout accès à un compte bancaire ou mise à jour d’un système de gestion de stock fait appel au mainframe et à sa puissance de calcul inégalable. Si ces deux exemples sont anecdotiques, une étude récente a démontré que 88% des entreprises voient dans le mainframe un atout économique majeur de la prochaine décennie. Et ceci notamment en raison de sa très grande stabilité et fiabilité, qui en font un atout de la croissance exponentielle des services digitalisés.

Trop souvent considéré à tort comme une technologie sur le déclin, le mainframe dispose pourtant de solides arguments pour valoriser ses investissements futurs.
Les nouveaux défis du mainframe

S’ils n’y sont pas déjà, les experts du mainframe s’approchent inexorablement de la retraite. La nouvelle génération d’informaticiens n’est pas très sensibilisée au mainframe et ne dispose pas des compétences nécessaires au maintien ni à l’évolution des applications métiers critiques pour l’activité de l’entreprise. Ainsi, les sociétés doivent-elles s’appuyer sur de nouveaux outils pour faciliter cette transition et donner les moyens aux équipes novices de développer, tester et maintenir plus rapidement les applications mainframe. Gérer la transition n’est pas simple pour autant surtout quand les budgets sont limités depuis quelques années.

En juin 2015, le Gartner a estimé une baisse de 5,5 % des dépenses IT prévisionnelles par rapport à 2014, sans qu’aucune amélioration ne se profile dans un avenir proche.

Les services IT vont être de plus en plus sous pression. La justification du moindre investissement devra s’appuyer sur des données solides valorisant concrètement le retour sur investissement de toute solution.

Pour justifier pleinement du bien-fondé de leurs investissements, les entreprises devront avoir un niveau de visibilité très précis sur l’utilisation de chaque nouvelle solution déployée. C’est à cette seule condition que les services IT gagneront leur « bataille budgétaire ». Ainsi par exemple, une nouvelle interface de développement mainframe plus conviviale, utilisée par les anciens et boudée par la jeune génération, limiterait nécessairement le retour sur investissement attendu.
L’approche analytique au secours du mainframe

L’approximation fait peser un risque essentiel sur les systèmes d’information et les budgets qui leur sont alloués. Une approche analytique basée sur des données concrètes et granulaires, telles que des statistiques précises d’utilisation, va au contraire permettre de mesurer clairement le ROI et de mettre en place des mesures concrètes dans l’objectif d’optimiser l’utilisation et les bénéfices concrets qui peuvent en être tirés.

  • Favoriser le taux d’adoption et valoriser les meilleures pratiques, en comparant les taux d’adoption et la maturité de chaque département utilisateur d’une solution. Objectif: permettre à la solution d’atteindre son potentiel maximal plus rapidement. Par exemple, en mettant en avant les fonctionnalités sous-exploitées, les équipes informatiques peuvent identifier les points précis sur lesquels insister en formation pour en favoriser l’adoption.

Ceci est valable en interne pour améliorer l’efficacité des équipes mais également en externe pour les partenaires outsourcers qui utilisent les solutions de l’entreprise. Une adoption élevée des solutions peut améliorer de manière significative la qualité de service et la cadence des livraisons. Outre une rentabilité accrue, cette meilleure agilité des équipes mainframe compense la réduction des effectifs liée aux nombreux départs en retraite.

  • Diminuer le risque lié au changement d’équipes: le turnover des équipes internes comme des prestataires pose un vrai problème s’il n’existe pas de base de connaissances autour de l’utilisation des outils en place. Afin de limiter les risques, cette base de connaissances doit  être structurée pour faciliter la prise en main du mainframe par la nouvelle génération et les nouveaux prestataires.

Grâce aux statistiques d’utilisation, les entreprises peuvent identifier rapidement qui sont les meilleurs utilisateurs et ceux qui ont le plus besoin de formation. Elles pourront ainsi  inciter les premiers à rentrer dans une démarche d’amélioration constante et à partager les meilleures pratiques auprès des moins expérimentés et/ou des nouveaux prestataires. L’objectif restant toujours le même : assurer une qualité de service exemplaire.

  • Identifier les zones de réduction des coûts: une analyse granulaire des statistiques d’utilisation des produits peut aussi aider à pointer les fonctionnalités en doublon ou celles qui ne sont tout simplement pas utilisées. Dans ce cas, le choix peut être fait de supprimer certaines fonctions et leurs coûts associés tout en améliorant l’utilisation d’autres fonctions nécessaires et sous-utilisées. A long terme, cela peut permettre d’augmenter la productivité et de réduire les coûts de manière significative.

Pour conclure, les statistiques d’utilisation sont l’une des clés qui garantiront l’avenir du mainframe et qui permettront de le revaloriser auprès de la nouvelle génération d’informaticiens.  C’est essentiel à une époque où le mainframe reste le socle des services critiques de l’entreprise. Par la construction de leur mainframe sur la base de données solides, les équipes informatiques pourront atteindre le potentiel de rendement souhaité pour leurs investissements et obtenir les résultats souhaités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

novembre 26th, 2015 by